Pensions & retraites

Pension et pension anticipée

La pension correspond au moment où la carrière professionnelle d’un individu prend fin.

En Belgique, l’âge légal de la pension est de 65 ans tant pour les hommes que pour les femmes. Mais l’âge de la retraite va progressivement reculer pour atteindre les 66 ans en 2025 et les 67 ans en 2030.

La personne pensionnée reçoit une rémunération mensuelle calculée selon le nombre d’années de travail, le type de régime de travail (temps plein, temps partiel, etc.) ainsi qu’en fonction de la situation familiale (isolé, cohabitant, etc.).

Il est parfois possible d’avancer le moment de prendre sa pension, on parle alors de pension anticipée.

Celle-ci n’est envisageable que si l’on remplit certains critères, notamment en termes d’années de carrière professionnelle. Ainsi, un travailleur pourrait prétendre à une pension anticipée à 60 ans s’il totalise 44 années de carrière, à 61 ans s’il cumule 43 ans de travail ou à 63 ans s’il a travaillé pendant 42 ans.

Néanmoins, en cas de pension anticipée, la carrière professionnelle étant plus courte, le montant de la rémunération sera également moins élevé.

A noter que certains corps de métiers ont automatiquement droit à une pension anticipée, c’est notamment le cas des mineurs, des marins et des membres du personnel naviguant de l’aviation civile.

> Plus d’informations : Service fédéral des pensions


Calcul de la pension

Pour calculer le montant de la pension, plusieurs critères seront pris en compte :

  • Les années de travail sont comptabilisées et déterminent le montant de la pension ;
  • Certaines périodes d’inactivé (= périodes assimilées) sont prises en compte comme les périodes de maladie, chômage, crédit-temps, etc. ;
  • Les périodes consacrées au service militaire ;
  • Les périodes d’interruption de carrière pour élever un enfant de moins de 6 ans, pourvu que cette interruption dure maximum 5 ans et que l’activité professionnelle reprise dure minimum 1 an.

Selon le statut du travailleur, les années de carrière sont calculées différemment :

  • En tant que salarié : l’année de travail sera prise en compte à partir du moment où il a travaillé au moins à 1/3 d’un régime de travail à temps plein ;
  • En tant que fonctionnaire, cela dépend de plusieurs critères :
  • Nommé à titre définitif ;
  • Personnel statutaire temporaire dans l’enseignement ;
  • Contractuel ou temporaire ;
  • Mandataire politique ;
  • Pompier volontaire.

Montant de la pension

Le montant de la pension varie d’une personne à l’autre, en fonction de son statut, de sa carrière professionnelle ainsi que du salaire gagné.

Néanmoins, des montants minimums et maximums ont été fixés, en lien avec la situation familiale de la personne concernée :

MontantsCohabitantIsolé
Minimum1525,60€1220,86€
Maximum2966,02€2372,82€

Dans les faits, le montant moyen des pensions en Belgique s’élève à 1065 €/mois, ce qui classe notre pays parmi ceux qui proposent les plus petites pensions. De plus, il n’est pas rare de constater une disparité importante entre hommes et femmes, ces dernières travaillant plus souvent à temps partiel ou prenant des congés pour s’occuper des enfants.

> Plus d’informations : article AXA


3 piliers de la pension

En Belgique, il existe trois niveaux de pension différents, appelés « piliers ».

Premier pilier : la pension légale

La pension légale (lien vers le point « Pension et pension anticipée ») est proportionnelle au salaire perçu et aux années de travail de la personne. Elle peut être de trois types :

  • Pour les travailleurs salariés ;
  • Pour les travailleurs indépendants ;
  • Pour les fonctionnaires.

Les cotisations sociales financent la pension à 69% chez les salariées et à 59% chez les indépendants. Le solde est ensuite pris en charge par l’Etat, notamment via les taxes payées par les citoyens et une partie de la TVA.

Les cotisations sociales qui sont déduites du salaire des personnes actives ne financent donc pas leur propre pension mais bien celles des pensionnés actuels.

Deuxième pilier : la pension complémentaire

Il s’agit d’une pension par capitalisation, c’est-à-dire que chacun cotise pour sa propre pension.

Par exemple, lorsque l’employeur propose un systèmes d’assurance-groupe à ses travailleurs, sous forme d’avantage extra-légal. L’entreprise souscrit une assurance-groupe via une compagnie d’assurance ou un fonds de pension et verse des cotisations pour ses employés, ce qui lui permet de bénéficier d’avantages fiscaux et sociaux. A 65 ans, le travailleur pensionné récupère ce capital sous forme de rente mensuelle.

Dans le même ordre d’idée, il existe également des pensions sectorielles, organisées non pas au niveau d’une entreprise mais qui s’appliquent à un secteur entier (construction, industrie alimentaire, secteur non-marchand…).

Les indépendants peuvent cotiser pour la Pension Complémentaire Libre (PCLI). Il s’agit d’un versement volontaire effectué par le travailleur indépendant à un organisme de pension, afin de se constituer un capital qu’il percevra à la fin de sa carrière.

> Plus d’informations : dossier du CGSLB

Troisième pilier : l’épargne-pension

L’épargne-pension est une initiative personnelle. La personne effectue des versements réguliers auprès d’une banque ou d’une entreprise d’assurance, ce qui produit un capital qui lui sera versé à partir de l’âge de ta retraite. Cette épargne à long terme permet de bénéficier d’un avantage fiscal.

> Plus d’informations : SPF Finances

Pensions spécifiques

Il est aussi possible d’obtenir une pension basée sur les prestations d’une tierce personne. C’est le cas pour :

  • La pension de survie : allocation payée aux proches du défunt après son décès et quel que soit son âge ;
  • Les allocations de transition : allocations temporaires payées au conjoint survivant qui ne remplit pas les conditions d’âge pour avoir droit à la pension de survie ;
  • La pension de conjoint divorcé : calculée sur base de la carrière de salarié de l’ex-conjoint ;
  • La pension de conjoint séparé : dans le cas où les ex-conjoints sont séparés de corps et de biens ou qu’ils ne partageaient pas la même résidence principale ;
  • La pension d’orphelin : y ont droit les enfants orphelins de père ou de mère, qu’ils soient enfants légitimes ou adoptés.

A côté de ces droits dérivés, il existe également des prestations particulières auxquelles tout individu a droit s’il remplit certaines conditions :

  • La garantie de revenus aux personnes âgées (GRAPA) : allocation pour les personnes de plus de 65 ans et qui ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour subvenir à leurs besoins ;
  • L’inaptitude physique (pour les fonctionnaires) : un service médical compétent doit avoir reconnu le travailleur comme définitivement inapte à exercer un emploi ;
  • Les victimes civiles d’actes de terrorisme : pension de dédommagement et remboursement des soins médicaux et pharmaceutiques ;
  • La pension de guerre militaire : concerne les militaires qui ont subis des dommages physiques et/ou psychiques. Il s’agit alors d’une pension dite de réparation ;
  • Les victimes civiles de guerre : concerne les invalides de guerre de certains conflits.

> Plus d’informations : Service fédéral des pensions, Wikifin